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Comment l’arrivée des rayons « Parapharmacie » bouleverse le milieu de l’officine



L’explosion de la parapharmacie dans les grandes surfaces et les nouveaux usages qui en découlent illustrent les mutations profondes du secteur. Au-delà de l’impact économique, c’est l’exercice même du métier de pharmacien qui est aujourd’hui questionné.

Pourtant, ces mutations entraînent un constat bien plus positif et contrasté que l’on pourrait a priori le penser. En effet, les grands gagnants semblent être ni plus ni moins que les consommateurs.

Qu’est-ce que le paramédical ?


Stricto sensu, le paramédical concerne ce qui est relatif à la santé sans relever du médical. Ainsi dans une pharmacie les produits de parapharmacie ne sont pas des médicaments et peuvent être délivrés sans ordonnance même si leurs usages sont à visée médicale. Ce sont ainsi ces mêmes produits que nous retrouvons dans un rayon « Parapharmacie ».


C’est là que réside le point de dissemblance : certains considèrent ces produits comme pouvant être vendus en grande surface quand d’autres estiment que les pharmaciens devraient en avoir le contrôle exclusif.


Parapharmacie : une approche moins médicale ?


« Prendre du temps pour apporter le bon conseil ça coûte cher, mais c'est ce qui fait notre valeur ajoutée » témoigne un pharmacien de Saint-Etienne. Le conseil n'est cependant pas la seule raison justifiant les prix plus élevés de certains produits. En effet, ceux liés à la santé doivent répondre à des normes drastiques, normes qui ne concernent pas toujours les produits vendus par les acteurs de la grande distribution. Il est alors plus facile de proposer des prix plus bas… Mais également bien plus difficile de se procurer un produit de qualité avec l’assurance que celui-ci convienne réellement au consommateur.


Il paraît donc assez délicat de se passer totalement de pharmaciens lors de la vente de tels produits, raison pour laquelle toute grande surface possédant ce type de rayon est supposé compter au moins un docteur en pharmacie dans ses effectifs.


C’est pourtant bien à l’émergence du paramédical en grande surface que nous assistons. Force est de constater pourtant que ce mouvement ne date pas d’hier. On parle en effet de rayons ‘Parapharmacie’. Ce terme semble d’ailleurs avoir été inventé par la grande distribution dans les années 1980, lorsque les acteurs de cette dernière commencèrent à s’intéresser au marché des produits cosmétiques vendus en pharmacie.


Le mouvement s’amplifie dans les années 1990 avec le développement de magasins paramédicaux qui pousseront peu à peu les pharmacies à élargir elles-mêmes leurs espaces de vente, afin de faire face à cette nouvelle concurrence et à la constante baisse de la marge sur les médicaments remboursés.


Le milieu pharmaceutique est donc remodelé depuis plusieurs années, entraînant des difficultés inédites pour les pharmacies classiques faisant face à cette nouvelle forme de concurrence.

Quelles sont les difficultés que rencontrent les pharmaciens face à de tels changements ?


Certains pourraient effectivement penser que si des supermarchés classiques peuvent faire face à la libre-concurrence, les pharmacies le devraient également. Mais ces dernières font face à une contrainte majeure qui tient en un seul mot : quorum. Une pharmacie ne peut pas, en effet, s’implanter n’importe où comme bon lui semble. Il existe une proportion pharmacies/résidents ne pouvant être excédée dans un périmètre donné. Pourtant, les parapharmacies, qu’elles soient des magasins à part entière ou bien de simples rayons dans une grande surface, ne sont soumises à aucun quorum, ce qui entraîne dans certaines zones des incohérences entre le nombre de parapharmacies et de pharmacies par rapport au nombre d’habitants.


Ce surnombre de points de vente pharmaceutique n’est en réalité que la partie visible de l’iceberg : les pharmacies sont soumises à des règles très strictes quant à la publicité et tout autre moyen de promotion. Une contrainte qui n’affecte en aucun cas les acteurs de la grande distribution qui peuvent, eux, user de publicité beaucoup plus librement.


Ainsi, entre d’une part le surnombre de point de vente, et d’autre part la concurrence déloyale à l’égard des pharmacies due aux différences de législation, les pharmaciens se retrouvent dans une situation plus que délicate.


Les pharmacies peuvent-elles faire face à une telle situation ?


Il semblerait que le tableau ne soit pas aussi noir pour les officines que ce que l’on pourrait penser. Non seulement les pharmacies ont les capacités de s’adapter à ces changements, mais la profession de docteur en pharmacie elle-même pourrait se voir renouveler.


De prime abord, l'appartenance à un groupement de pharmaciens semble en particulier plus que bénéfique, si ce n’est même indispensable. Elle permet en effet de mutualiser des frais fixes ou encore d'organiser des campagnes de communication communes donnant la possibilité, même à de petites structures, de faire éditer un journal en libre-service pour ses clients ou bien de faire fabriquer des panneaux publicitaires.


Les groupements permettent également de mutualiser les achats auprès des laboratoires et d'obtenir de très bonnes conditions commerciales.


Un échange de visibilité se fait également via le groupement : nombre d’entre elles développent en effet des gammes de produits de leur marque propre : produits basiques et peu cher, fidélisant ainsi une clientèle qui ne peut retrouver un produit d’un certain groupement qu’en allant dans une pharmacie qui lui est affiliée. Le groupement et la pharmacie concernée sont donc tous deux gagnants. Cependant, les pharmaciens qui préfèrent travailler seul peuvent améliorer leurs ventes grâce à une meilleure PLV (publicité sur le lieu de vente) mais également en optimisant les méthodes de merchandising utilisées. Le merchandising est l'ensemble des stratégies et des techniques qui permettent d'optimiser la rencontre quotidienne d'un produit et d'un client sur le point de vente. Certains pharmaciens s’y refusent cependant, préférant conserver leur vocation médicale avant de considérer des objectifs purement marchants.

Mais alors, quels avantages représente, à terme, la création de rayon parapharmacie ?


Si les rayons parapharmacies ont affecté le secteur officinal, il apparaît tout de même qu’elle puisse être d’un intérêt certain, non seulement pour les consommateurs, mais également pour la profession de pharmacien elle-même.


En effet, comme nous l’évoquions précédemment, il est plus facile de trouver en grande surface des produits à des prix avantageux : d’après UFC Que Choisir, une association de consommateurs, les baisses de prix pourraient permettre aux français de réaliser environ 16% d’économie sur leurs dépenses de santé. Le groupe E.LECLERC affiche même davantage d’optimisme et évoque une baisse possible de 20% à 25% du prix de ces produits.


De plus, les nouvelles générations de pharmaciens n’écartent plus le choix de travailler dans la grande distribution, un secteur qui pourrait leur offrir de belles opportunités de carrière. En effet, outre une bonne rémunération, ce secteur offrirait à de nombreux jeunes docteurs en pharmacie l’occasion d’être à la tête de leur rayon et d’avoir leur propre équipe sans avoir, pour cela, à attendre des années en restant salarié avant de pouvoir devenir propriétaires.


De grandes campagnes de recrutement pourraient donc être lancées, permettant non seulement l’embauche de jeunes pharmacien(ne)s, mais aussi et surtout d’avoir un personnel compétent pour conseiller les consommateurs et encadrer les ventes de ces produits requérant une attention toute particulière.

Ainsi le secteur pharmaceutique est bouleversé par le développement des rayons parapharmacie qui suivent un processus d’amélioration afin de proposer, à l’instar des officines traditionnelles, des conseils de qualité. Une véritable aubaine pour les consommateurs, qui pourraient bénéficier de conseil adapté en pharmacie comme ailleurs !


Edouard Baumgartner

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Références externes:

http://www.lexpress.fr/informations/parapharmacie-un-developpement-trescontrole_623197.html

http://www.lsa-conso.fr/parashop-la-parapharmacie-qui-monte,151037

http://www.senat.fr/questions/base/2006/qSEQ06111179S.html

https://www.distrijob.fr/actualites/emploi/produits-pharmaceutiques-en-grandes-surfacesdes-centaines-demplois-a-la-cle

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