• Neoma Reims Conseil

COVID-19 : Mise en perspective historique et économique de la pandémie


Régions les plus touchées par le COVID-19 au 26 avril

(source : gisanddata.maps.arcgis.com)

Le COVID-19 (de la famille des coronavirus) est détecté pour la première fois en Chine continentale, dans la désormais célèbre ville de Wuhan, en novembre 2019. Le premier cas hors du pays est observé en janvier 2020, et en mars 2020 l’épidémie de COVID est qualifiée de pandémie par l’OMS.


A l’heure actuelle, on dénombre 2,8 millions de cas confirmés dans le monde, pour 200 000 décès et près de 800 000 guérisons. En France, pour 120 000 cas, on compte 22 000 décès et 43 000 guérisons. Il faut cependant garder à l’esprit que la majorité des cas ne sont pas diagnostiqués, et donc que les analyses prévisionnelles de l’épidémie ne sont pas entièrement fiables.


En ce qui concerne le futur de l’épidémie, une étude (The Lancet, 31/01/2020), estimait que le pic mondial du COVID-19 devrait être atteint entre avril et mai 2020. Après cette date, sans nouvelle vague de contamination, le nombre de nouveaux cas et décès devrait entamer une baisse sur plusieurs mois. Cette estimation agrège plusieurs modélisations ; en faisant varier les facteurs de transmissibilité du virus, les auteurs de l’étude ont réussi à délivrer une estimation applicable à la majorité des pays touchés.


Cependant, un « rebond » est toujours possible à la levée du confinement, alerte Arnaud Banos, spécialiste des modélisations au CNRS ; et ces prévisions sont conditionnées à un respect des mesures sanitaires individuelles et nationales pour toute la durée de la crise.



Les pandémies grippales dans l’histoire


L’histoire récente (1850-) comptabilise moins d’une dizaine d’épisodes pandémiques de grippes et coronavirus. Leur analyse permet de relativiser la crise actuelle, et d’estimer les retombées sanitaires et économiques mondiales pour les années à venir.

Elaboré par les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) américains, le Pandemic Severity Index permet de classifier les épidémies de grippe selon leur gravité ; même s’il n’est plus utilisé aujourd’hui, le PSI reste un indicateur fiable et approuvé par la communauté scientifique.


La grippe russe (1889-1890) : PSI=2

Cette épidémie est la première à être véritablement documentée. Ce fut l’une des plus contagieuses (30 à 60% de la population mondiale contaminée) ; cependant, la faible létalité du virus (<0,2%) a permis de limiter l’impact de cette épidémie.


La grippe espagnole (1918-1920) : PSI=5

Il s’agit du plus grave épisode pandémique de l’histoire contemporaine. Elle ne trouve d’ailleurs pas son origine en Espagne, mais aux Etats-Unis ; son nom vient du fait que l’Espagne fut le premier pays à évoquer publiquement l’infection.

Ayant touché 500 millions de personnes (33% de la population), la grippe espagnole a entrainé le décès de 50 millions de personnes (de 2,5 à 5% de la population selon les sources) dans le monde. Au départ traitée comme une simple grippe saisonnière, la situation s’aggrave très rapidement lors de la deuxième vague de contamination. L’épidémie comptera au total trois vagues de contamination.

Cependant, le commerce à l’échelle mondiale est peu affecté par la pandémie. En effet, les échanges avaient déjà été fortement ralentis, voire stoppés par la Première Guerre Mondiale. Les historiens établissent même une corrélation positive entre la surmortalité due à la grippe espagnole et la croissance économique qui a suivi, aux Etats-Unis et en Europe occidentale.


Les deux grippes asiatiques (1957, 1968) : PSI=2

Ces deux pandémies grippales assez similaires ont touché 10 à 30% de la population mondiale, mais avec une très faible létalité (inférieure à 0.2%). C’est d’ailleurs à la suite de la grippe de Hong-Kong (1968) que l’OMS renforce et étend son réseau de surveillance et de prévention.


Le COVID-19 (2020) : PSI = ?

Les informations et le recul manquent pour classifier l’épidémie actuelle. Pour le moment, les cas recensés constituent « seulement » 0.025% de la population mondiale ; mais en mars 2020, l’OMS estimait à 3,4% le taux de létalité du virus, ce qui en fait l’un des plus meurtriers après la grippe espagnole (cela dit, certaines souches rares de coronavirus, comme le SRAS ou le MERS, avoisinent les 15% de létalité). En prenant en compte la population mondiale actuelle, plus de 4 fois supérieure à celle du siècle précédent, le bilan humain du COVID-19 pourrait être sans précédent en valeur absolue.


De manière générale, on observe que les pandémies ont toujours un coût humain élevé. Leur coût économique doit en être nuancé : on a souvent constaté un rebond économique après des épisodes de surmortalité à l’échelle mondiale, comme guerres et pandémies. Bien entendu, les conséquences du COVID-19 ne seront pas comparables à celles de la grippe espagnole ou des épidémies de peste des siècles derniers : la surmortalité étant faible en termes relatifs, elle n’occasionnera sûrement pas de relance au niveau économique, mais plutôt un épisode dépressif à moyen terme. Ces épisodes de crises marquent souvent un tournant économique à long terme : ainsi, peut-être allons-nous assister à l’émergence d’un nouveau commerce international, potentiellement marqué par un ralentissement de la mondialisation.


Point sur la situation économique et financière

En France comme ailleurs, les prévisions de croissance du PIB ont été revues à la baisse pour 2020 et 2021. Le ministère de l’économie a communiqué le 14 avril des prévisions pessimistes : une chute du PIB de 8% en 2020, tandis que le déficit public se creuse (9%) et que la dette publique explose à 115% du PIB. "Depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais notre pays n’avait connu ça", a reconnu Gérard Darmanin, Ministre de l’Action et des Comptes Publics.



Ces chiffres sont les conséquences directes de la baisse des échanges à l’échelle européenne et mondiale, mais surtout de la paralysie économique liée au confinement en France et dans la plupart de ses partenaires commerciaux. Lundi 13 avril, le chef de l’Etat a annoncé un prolongement du confinement jusqu’au 11 mai 2020 ; ce qui ne devrait qu’aggraver le déficit public et la baisse du PIB de cette année.


Un plan d’urgence est prévu, pour aider les entreprises et salariés à reprendre leur activité pendant le déconfinement, avec une enveloppe de 110 milliards d’euros. Parmi les mesures phares de ce plan, le dispositif de chômage partiel (24 milliards), le fonds de solidarité pour les indépendants (7 milliards), des annulations de charges pour les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration…


Suite au choc financier de 2009, le PIB n’avait baissé « que » de 2,9% ; quant au déficit public, il atteignait alors 7,2% du produit intérieur. L’épidémie de COVID-19 constitue d’ores et déjà le choc économique le plus grave depuis la Seconde Guerre Mondiale.


Quant à la situation financière, elle est semblablement inédite depuis 1945. Indicateur majeur parmi les valeurs boursières, le baril de pétrole (brent) est passé en-dessous de la barre des 20 dollars en mars. Les bourses mondiales (Paris, Londres, Milan, Francfort, Tokyo, New York) ont enregistré des pertes de valeur historiques entre février et mars 2020 : -33,5% pour le CAC40, -34,5% pour le DOW JONES… Les secteurs les plus touchés sont les transporteurs aériens (-56% pour AirFrance) et les banques et assurances (-57% pour CNP Assurances).



Le Dow Jones a chuté en mars/avril comme jamais auparavant. C’est le cas pour la majorité des bourses mondiales.


La chute des valeurs à l’échelle mondiale, ainsi que l’endettement croissant et sans précédent des Etats laisse présager une importante crise financière dans les mois et années à venir. Pour la France en particulier, une question se pose : la réponse se fera-t-elle à l’échelle nationale ou à l’échelle européenne ? En effet, jusqu’ici la réponse sanitaire et économique s’est faite sans concertation avec l’Union ; et cette crise sans précédent dans l’ère moderne pourrait bien avoir des répercussions politiques à long terme, sur les pays membres mais aussi sur l’avenir de l’Union Européenne.



Votre entreprise est impactée par la pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement ? Restez connectés : jeudi 07 mai, Neoma Reims Conseil publie son plan d’accompagnement des entreprises pour préparer l’après crise.



Tristan Heyraud

Sitographie

https://fr.statista.com/statistiques/1103533/glissement-annuel-pib-coronavirus-france/

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/coronavirus-l-aide-aux-entreprises-portee-a-5-000-euros-la-croissance-devrait-chuter-de-8-en-2020-1586850265

https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/coronavirus-lexecutif-degrade-encore-les-previsions-budgetaires-apres-les-annonces-demmanuel-macron-1194600

https://www.lenouveleconomiste.fr/ce-que-l-histoire-economique-des-pandemies-nous-apprend-76679/

https://votreargent.lexpress.fr/placements/krach-boursier-desastre-ou-opportunite_2123274.html

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

0 vue
Logo blanc complet NRC.png
  • White LinkedIn Icon
  • White Facebook Icon
  • White Twitter Icon
  • Blanc Icône Instagram

06.77.83.09.28

59 rue Pierre Taittinger 51100 Reims

© Neoma Reims Conseil,  association loi 1901 de type Junior-Entreprise

Tous droits de reproduction réservés.