• Neoma Reims Conseil

Le gaspillage alimentaire, enjeu du 21ème siècle et défi pour l'innovation

La troisième édition de Vivatech Paris était l’occasion de revenir sur des innovations tournant autour de sujets actuels et ancrés dans le monde économique. Dans le cadre des problématiques RSE (responsabilité sociétale des entreprises), le thème du gaspillage alimentaire est revenu plus d’une fois lors des conférences, tant sur le plan de l’innovation que pour la création d’entreprises. Et pour preuves de la nécessité d’agir, les modes de consommation déraisonnés : alors que pas moins de 800 à 900 millions de personnes souffrent de malnutrition, près de 42 tonnes de nourriture sont jetées chaque seconde. Ce phénomène inquiétant est parfois relayé au second plan parmi les enjeux environnementaux mais Vivatech nous a prouvé qu’il est aujourd’hui non seulement pris au sérieux mais également inclus dans les politiques RSE de nombreuses entreprises. Comment les entreprises s’attaquent-elles au gaspillage alimentaire ?


Un constat alarmant.


Ce gaspillage alimentaire connaît deux causes majeures parfois insoupçonnées et différentes selon le niveau de développement des pays. Dans un premier lieu il faut noter l’importance des pertes subies lors de la chaîne d’acheminement des denrées, notamment des fruits et des légumes. En effet 52% des pertes agricoles en Afrique ont lieu entre l’endroit où est réalisée la récolte et son point de livraison. Les problèmes d’acheminement sont la première cause de perte de denrées alimentaires en Afrique ainsi que dans l’ensemble des pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires. Dans les pays à hauts revenus en revanche la principale cause du gaspillage alimentaire est la non-consommation des produits en bout de chaîne, due principalement aux dates de péremption. Les différentes mentions « à consommer jusqu’au » pour les dates limites de consommation (DLC) et « à consommer de préférence avant le » pour les dates de durabilité minimales (DDM) proposent des nuances délicates pour les consommateurs qui ont tendance à jeter des produits encore consommables. Ainsi en France 55% du gaspillage alimentaire est réalisé en bout de chaîne et contrairement à ce que l’opinion publique pense, ce ne sont pas les grandes surfaces de distribution qui jettent le plus mais bien les consommateurs ou encore les restaurateurs.


Des acteurs qui luttent.


Pour répondre à ces problématiques, des sociétés ainsi que des associations se sont penchées sur le sujet, et proposent aujourd’hui des solutions relevant de l’innovation ou encore de la solidarité.


1/3 des aliments produits chaque année sont jetés ou perdus

A titre d’exemple, pour lutter contre les pertes de denrées lors de leur acheminement, une startup Californienne, Zest Labs, propose un service qui, lors du transport de marchandise, fourni un feedback constant de l’avancement du processus de maturité. Cela permet de prendre des décisions logistiques intelligentes, notamment en redirigeant le transporteur vers un autre magasin si les biens qu’il transporte voient leur processus de maturité s’accélérer, ce qui les rend plus rapidement impropres à la consommation. Il est à savoir, que lors du transport de biens alimentaires, et particulièrement pour les fruits et légumes, même une légère variation de température peut entraîner de grands changements dans le processus de maturité. Autre innovation notable, celle de l’ingénieur Dysmus Kisilu, qui a créé l’entreprise Solar Freeze. Cette entreprise prometteuse propose un service pour les agriculteurs en Afrique qui subissent souvent de lourdes pertes à cause des invendus. Des réfrigérateurs, fonctionnant à l’énergie solaire sont donc mis à disposition des exploitants, car bien souvent ils manquent d’équipement pour réaliser cette phase de conservation.

Dans les pays les plus à la pointe de la technologie, où le majeur problème est le gaspillage en bout de chaine, de jeunes entreprises proposent des services innovants. Cela a débuté il y a quelques années via des épiceries revendant des produits proches des DLC, qui ont d’ordinaire très peu de chance d’être vendus en grandes surfaces. Aujourd’hui le principe n’a pas beaucoup changé, au contraire il se développe grâce à la technologie dont nous disposons et notamment les applications smartphone. Ainsi, également en collaboration avec les commerçants, la startup « Too good to go » propose de racheter les invendus de commerçants et restaurateurs pour un prix très réduit, en échange d’une légère commission. Invitée à l’événement Vivatech, l’entreprise a pu présenter les actions qu’elle mène ainsi que ses collaborations. Son business model fonctionne ! L’entreprise dégage un chiffre d’affaires de plusieurs centaines de milliers d’euros et possède une forte croissance. Des grandes surfaces en France se sont donc elles aussi mises à collaborer avec la startup, lui promettant encore une belle croissance à venir. Un marché semble ainsi se créer.


Comme évoqué en amont, les chiffres autour du gaspillage alimentaire restent très élevés, et la situation peut être qualifiée d’alarmante. Néanmoins, une prise de conscience semble se réaliser, et ce dans une multitude de pays, ouvrant ainsi le champ des possibilités pour de nouvelles créations d’entreprises, de nouvelles innovations, qui en plus de lutter contre ce fléau, pourront venir alimenter le circuit économique en dégageant de la réelle valeur ajoutée, et en créant des emplois. De surcroît, à l’image des politiques RSE qui prennent aujourd’hui une place importante dans de nombreuses entreprises, Neoma Reims Conseil se positionne pour ses clients afin de leur donner le meilleur accompagnement possible vers un développement durable.


Charly GESTEDE, Vice-Trésorier


102 vues0 commentaire