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Le secteur automobile connait une nouvelle révolution !


Le secteur automobile a été durement touché par la crise du covid 19. Le secteur a enregistré une baisse de 28% des immatriculations en France en 2020. Aujourd’hui, il se relance : investissements importants, mutation technologique… Mais il est de nouveau frappé par une crise : la pénurie de matières premières.

Le covid 19 a bouleversé le secteur automobile. Il a été victime de la fermeture des concessions et des usines pendant le premier confinement, et plus largement de l'attentisme des consommateurs sur fond de grave crise économique. En effet, en 2020, le marché automobile français a régressé à son niveau de 1975, en ne vendant que 1,65 million de voitures personnelles neuves alors qu’en 2019, ce chiffre était de de 2,2 millions. Aujourd’hui, avec la levée des restrictions sanitaires et la forte relance économique, le secteur automobile peut espérer un rebond d’activité. Cependant il est victime de la crise des pénuries de matières premières notamment celle des semi-conducteurs, alors que la demande en véhicule personnelle neuf est très importante. Cette situation provoque un allongement important des délais de livraison, ce qui pousse les potentiels clients à se tourner vers le marché de l’occasion.

Outre un aspect économique, la crise du covid 19 a aussi modifié la vision de l’automobile. Depuis une dizaine d’année maintenant, la tendance du secteur était de se projeter dans un monde futur où les mobilités seraient partagées (en témoigne le concept-car Renault EZ-GO). Mais aujourd’hui, avec la crise sanitaire, les gestes barrières… les mobilités partagées sont sur la sellette. Nous pouvons nous poser cette question : la pandémie signera-t-elle le retour de la mobilité individuelle ? C’est en tout cas la tendance qui se dégageait d’un sondage réalisé en mai par AAA Data et OpinionWay : 68 % des 1 129 Français interrogés indiquaient vouloir privilégier le recours à leur voiture individuelle à la fin du confinement.

Cependant, pour essayer de compenser ces problèmes économiques et pour surfer sur cette nouvelle vision de l’automobile, toutes les grandes marques ont opéré de lourds investissements. Par exemple, le groupe Volkswagen prévoit d’investir 30 milliards de dollars dans des usines de batteries, mais également des dizaines de milliards dans toute une gamme de nouveaux modèles de voitures électriques. Tous ces investissements ont le même objectif : rester à la pointe de la technologie. Aujourd’hui, investir dans le futur de l’automobile, c’est investir dans une mutation écologique, c’est-à-dire dans l’électrique, l’hybride et l’hydrogène. Ainsi, nous pouvons dire que la crise du covid 19 a accéléré la transition écologique du secteur automobile.

Pourquoi avoir choisi d’investir dans les technologies vertes, et non pas dans des moteurs thermiques moins polluants ? Deux raisons à cela. La première est le fait que les États poussent de plus en plus, via des réglementations, vers la fin du moteur thermique. Par exemple, les grandes villes comme Paris annoncent vouloir interdire tout véhicule à moteur thermique d’ici 2030 (le diesel en 2025), et le Royaume-Uni et la France interdiront la vente de ces véhicules en 2040. La deuxième raison est que l’électrique est tendance et non le moteur thermique. En effet, depuis l’arrivée de Tesla sur le marché automobile, acheter une voiture thermique est devenu ringard, alors qu’acheter une voiture électrique, si possible une Tesla, c’est devenu tendance. En témoigne, les chiffres de vente de Tesla, 24,5 Tesla model 3 sont vendu par heure soit environ une Tesla toutes les 3 minutes. C’est ainsi, que tous les autres groupes automobiles, dit traditionnels, investissent énormément dans les technologies vertes pour être présent dans cette révolution technologique (en témoigne, toutes les sorties de véhicules électriques : Taycan chez Porsche, E-tron GT chez Audi, Mégane électrique chez Renault…).

Outre le fait que Tesla ait révolutionné techniquement le marché automobile, Tesla a aussi amené une nouvelle manière de vendre ses véhicules. Ceci est une autre révolution à laquelle le secteur automobile doit faire face. En effet, cela fait plus de 70 ans, que la vente de véhicule particulier est la même : aller chez le concessionnaire, tester la voiture et l’acheter. Aujourd’hui, avec internet, le processus d’achat s’est drastiquement réduit, car l’acheteur a déjà eu le temps d’effectuer des recherches sur la voiture, il ne vient qu’en concession pour signer le contrat de vente. C’est pourquoi Tesla a décidé d’avoir peu de concessionnaires dans le monde, et de vendre principalement ses véhicules en ligne, ce qui lui permet d’avoir des coûts fixes très faible par rapport aux autres constructeurs qui s’appuient sur un réseau important de concessionnaire. Face à cette nouvelle organisation, les autres constructeurs ont décidé de se mettre sur le même créneau. Ainsi, le secteur automobile connait aussi une véritable révolution digitale de ses ventes.


Pierre Mandet

Pôle communication

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