• Neoma Reims Conseil

Les scandales agro-alimentaires



Scandales, mauvaise gestion du circuit alimentaire ou trop grande complexité des normes sanitaires ?

Alors que les scandales deviennent de vrais scénarios à répétition dans le secteur agro-alimentaire français, beaucoup de marques font face, chaque année, à ces grandes menaces pour leur image et leur situation économique. Avec l’intensification de la production, les risques s’accentuent et par la même occasion la défiance du grand public face aux produits consommés, notamment en supermarché. Les consommateurs se plaignent souvent d’une trop forte opacité sur la traçabilité des produits et d’un manque d’informations de la part des grands industriels quant au circuit parcouru par les aliments avant d’arriver dans leur assiette. Mais alors d’où proviennent ces scandales alimentaires : manque d’hygiène ? mauvaise conservation ? De nos jours, le mot fraude serait-il plus juste que scandale ? En effet, beaucoup de scandales sont en réalité causés par une fraude consciente dans le processus de qualité imposé aux acteurs du secteur agro-alimentaire et le non-respect des normes. Étant donné le passé des grands scandales agro-alimentaires et leur multiplication depuis la démocratisation des grandes surfaces, il était nécessaire de durcir le cadre réglementaire en vigueur, afin d’endiguer toute nouvelle forme de complication. Le problème vient en fait de ce même cadre réglementaire, prenons l’exemple du fipronil ayant contaminé des œufs durant l’été 2017, causé par une fraude du fournisseur néerlandais et d’une différence de réglementation entre les pays. On remarque à l’origine de ce scandale touchant des milliers de consommateurs un manque de transparence et d’harmonisation des réglementations entre les pays et donc une vraie volonté de tromper de la part du vendeur et non pas un réel problème sanitaire. Il serait également possible de prendre l’exemple des chevaux de laboratoire qui ont finalement été utilisés dans un circuit de consommation classique en 2013 ou encore la présence de matières fécales dans des desserts servis dans une grande chaîne. Un second problème se lève aussi ici, qui condamner ? Le fournisseur délivrant le produit ou l’industriel commercialisant un produit non conforme aux réglementations imposées dans le pays ?

Scandale et image de marque : quel impact ? Au-delà du « simple » problème sanitaire, toutes ces affaires sont synonymes de vraies ruptures dans la confiance avec le consommateur, une chute des ventes et donc une baisse importante du chiffre d’affaires menaçant l’équilibre des entreprises. Néanmoins, les grosses enseignes réussissent, d’après les exemples tels que Buffalo Grill avec la contamination de la vache folle en 2002 ou Findus en 2013 ayant commercialisé des produits composés de viande de cheval, à se relever de ces polémiques. De vraies politiques doivent être mises en place afin de recouvrir aux difficultés sociales et économiques rencontrées. Elles peuvent être efficaces puisque Buffalo a retrouvé son chiffre d’affaires après deux ans seulement et Findus a retrouvé son niveau de ventes d’avant crise. Néanmoins, ce n’est pas toujours le cas, notons-le tout de même, l’entreprise Spanghero liquidée à la suite d’un scandale quant à la viande de cheval également. Le meilleur conseil donné par de nombreux acteurs du secteur et experts de ces affaires reste de « laisser le temps au temps », en effet ce n’est qu’une question de confiance de l’acheteur envers le produit et donc, mis à part une bonne communication quant aux mesures mises en place pour pallier de tels problèmes : le principal objectif est l’oubli du scandale dans la tête des consommateurs. Ce processus est long, particulièrement en raison de la couverture médiatique massive de ces scandales, d’une part très utile pour avertir et stopper la consommation de ces produits certes, mais d’autre part peut être une trop forte implication des médias sur ces sujets impactant plus qu’ils ne le devraient l’image de ces enseignes, créant une vague de peur généralisée chez les consommateurs.

Kinder et Buitoni : ces scandales auraient-ils pu être évités ? Enfin, comment la présence de bactéries dans des produits distribués en masse telles que ces chocolats ou ces pizzas peut-elle encore aujourd’hui avec tous les moyens à la disposition des industriels avoir lieu ? Ces bactéries pourtant bien connues (Salmonelle, E.coli…) commencent à créer une vraie méfiance chez les consommateurs qui, selon un sondage, sont prêts de 50% à vouloir changer leurs habitudes alimentaires suite à ces deux affaires. Bien que des solutions existent tels que « Rappel Conso », une plateforme permettant grâce à un scan de connaître les produits concernés par ces scandales, la population avertie des dangers et consciente de l’impact sanitaire que peuvent avoir de tels produits va, de nos jours de plus en plus modifier ses pratiques et ses achats. Il paraît même étonnant de voir la multiplication des normes sanitaires s’accompagner de la multiplication des scandales.

Quel sera l’avenir pour le secteur industriel dans les années à venir si des scandales d’une telle ampleur continuent à émerger et effrayer les acheteurs ?

Astrid Vasseur, Secrétaire Générale

Sources :

https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/08/11/le-scandale-alimentaire-scenario-a-repetition-de-l-agroalimentation-mondialisee_5171473_3244.html

https://www.challenges.fr/entreprise/scandales-alimentaires-comment-les-marques-veulent-se-racheter_32477

https://dial.uclouvain.be/memoire/ucl/fr/object/thesis:2802/datastream/PDF_01/view

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