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Relocalisation : Le retour du « Made in France »

Mis à jour : juin 30



Depuis le début de la crise du Covid-19, les entreprises souhaitent s’orienter vers une relocalisation d’une partie de leurs productions. La France s’est progressivement désindustrialisée à la fin des « trente glorieuses », au milieu des années 1970. D’après une étude d’Eurostat, depuis 2008, la part des emplois industriels a régressé de 14,4% à 11,8%. Elle est inférieure au niveau observé en Espagne (12,6%), dans la zone euro (15,4%), en Italie (18,5%) ou encore en Allemagne (18,9%).


Face à une prise de conscience de l’aspect stratégique de certaines productions en France, une volonté de relocalisation émerge. Un tel projet se heurte néanmoins à un problème conséquent : les coûts élevés de production. Notamment le coup de main d’œuvre relativement élevé. En effet, ce dernier s’élevait à 38,68€ par heure contre 23,61€ en Espagne et 9,74€ en Pologne. Si la France souhaite relocaliser les usines, devrons-nous nous orienter vers une automatisation ? Des études ont par exemple montré que l’automatisation serait le premier facteur de destruction d’emplois dans le monde industriel. Si l’avènement des machines entraine cet affaiblissement de l’emploi industriel dans les pays développés, il est aussi moteur du développement d’autres types d’emplois plus qualifiés dans d’autres secteurs (conception ou maintenance de ces machines par exemple).


De plus, ce défi remet en cause la dépendance de la France sur certains secteurs. Nous pouvons prendre l’exemple du domaine de l’automobile, il est difficile de rompre avec trente années, où la France a massivement délocalisé, pour rapatrier certaines productions. Cette affirmation vaut en partie pour Renault, qui a été invité à se joindre à l’alliance européenne sur les batteries, aux côtés de PSA et de Saft (groupe Total), avec une proposition d’aide de 8 milliards d’euros reçue par la filière.


Chaque situation d’après crise amène à un questionnement du système d’un point de vue économique et sociétal. D’après une étude réalisée par Kantar Worldpanel sur le comportement des consommateurs, 42% des sondés estiment qu’une des priorités des entreprises est de rapatrier leurs sites de production sur le territoire national. Néanmoins, comme dit précédemment les coûts de production en France restent élevés, sept à huit fois plus élevés que les coûts de production sur les marchés asiatiques, imbattables dans ce domaine.


Vers une nouvelle tendance de consommation


Pendant le confinement, les français ont changé leur mode de consommation. On distingue une réelle prise de conscience, un retour vers une consommation locale. Ainsi, d’après le journal Le Monde, 77% des consommateurs déclarent essayer d’acheter des produits locaux le plus souvent possible, tandis que, 10% des Français privilégient le pays de fabrication comme leur critère d’achat numéro un. Cette dimension sociétale se retrouve dans les résultats de ce sondage sur les modifications des comportements d’achat, avec le désir de soutenir les agriculteurs et producteurs locaux pour 63% des sondés, devant une meilleure traçabilité (53%) mais également l’envie de soutenir les emplois (50%). Le local bénéficie d’une tendance de l’image de l’authenticité, de la tradition. Par ailleurs, une majorité des consommateurs se dit prête à payer plus cher, bien que ces produits restent plus coûteux que d’autres produits de grandes marques. On distingue également une sensibilité dans les comportements d’achats aux labels puisque 86% des consommateurs connaissant les labels du « fabriqué en France » et les jugent incitatifs à l’achat contre 79% pour le Label Rouge et 62% pour le logo AB d’après une étude « Les Zooms de l’observatoire Cetelem ».


Tout ceci nous montre un réel souhait de la relocalisation en France de la part des consommateurs et des entreprises, pour favoriser le travail des producteurs et agriculteurs français. Les consommateurs changent petit à petit de consommation, désirent consommer des produits de qualité afin de préserver leur santé. Cependant, il reste la question de la relocalisation des usines et des productions en termes de coûts de main d’œuvre et de production, nettement plus élevés que les autres pays. L’exemple de l’Allemagne qui possède une industrie locale dynamique malgré des coûts de production et de main d’œuvre importants est peut-être une piste à suivre.


Lisa Fritschy



Sources :

- Journal Le Monde

- LSA

- Les Zooms de L’Observatoire Cetelem, février 2019, Harris Interactive

- Questionnaire Styles de vie, septembre 2018, Kantar Worldpanel

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